Texte Libre

Après une longue absence, je vais reprendre tout doucement ce blog.


N'hésitez pas à commenter ou poser des questions, j'y répondrai à chaque fois.


Au programme durant les prochains mois:

 

- Une série d'articles sur le port du voile en général (hijab, Niqab, Burqa, etc.)

- Une seconde biographie d'apostat.

- Une tentative d'histoire de l'arabie pré-islamique.

- Un article sur les islamo-complaisants et les revendications de musulmans au niveau politique et dans la vie courante en europe de l'ouest.

- Des petits ajouts aux anciens articles (Dhû-l-Qarnayn, Apports d'autres cultures et religions au Coran, etc.)

- Refonte du blog pour lui donner l'apparence d'un site.

Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 11:49

Suite et fin de la série d'articles sur Bucaille. Pour rappel, il ne s'agit pas d'un article fait pour être lu mais qui sert uniquement de réfutation si vous rencontrez un Bucailliste.

Première partie

Seconde partie


Aux pages 268 et 269, nous atteignons presque le paroxysme de la connerie. Il écrit les lignes suivantes en note : « J'ai souvent entendu dire, de la part de ceux qui s'ingénient à rechercher une explication humaine – et seulement une explication humaine – à tout problème que pose le Coran, que si le Livre contenait des précisions étonnantes sur l'astronomie, c'est parce que les Arabes étaient sur ce point très savants. C'est tout simplement oublier que le développement de la science en général en pays islamique est bien postérieur au Coran et que, de toute façon, les connaissances scientifiques de cette grande époque n'auraient pas permis à un être humain d'écrire certains versets sur l'astronomie que nous trouvons dans le Coran. ».

Alors là, c'est assez puissant, Bucaille nous écrit que la science en Pays islamique s'est développée après l'apparition du Coran : un pays islamique peut uniquement l'être après l'apparition du Coran et de son annexion par les musulmans. Donc la science dans ce nouveau pays ne peut que se développer après la révélation par rapport au point où il en était arrivé. Bucaille utilise donc ici, consciemment ou non, un axiome erroné. D’ailleurs les pays islamiques n’englobent pas uniquement le peuple arabe, pensons à l'ancienne Perse et ses anciennes Ziggourat, ou n'importe quel autre peuple : Bucaille ne répond pas du tout au problème et semblait penser qu'il n'y avait pas d’interactions entre les peuples – chose que l’on peut contredire à la lecture d’une Sîra. Bien plus, Mahomet a voyagé avec des caravanes marchandes jusque dans l’actuelle Syrie, la Mecque était un lieu de culture où avait lieu des concours de poésie et un haut-lieu de pèlerinage12..

 

Enfin, on peut réfuter son « de toute façon », péremptoire, par le Géocentrisme coranique rapidement explicité dans la Partie 2 de cet article.

 

Page 270, il cite « Fendeur de l'aube, Il a fait de la nuit une phase de repos; le soleil et la lune pour mesurer le temps. Voilà l'ordre conçu par le Puissant, l'Omniscient. » verset 96 de la sourate 6 et ne semble pas remarquer que si la nuit était fait pour le repos, les Inuits dormiraient sur de longues périodes qui se comptent en mois.

 

La terre.

 

Un peu plus loin, pp 298-300, Bucaille cite encore une série de versets et conclut ceci : « Dans beaucoup de ces versets, l'importance de l'eau et la conséquence pratique de sa présence sur le sol de la terre, la fertilité du sol, est soulignée. L'eau est, certes, dans les pays désertiques, l'élément numéro un qui conditionne la survie de l'homme. Mais l'évocation par le Coran dépasse cette particularité géographique. Le caractère dr planète riche en eau, unique dans le système solaire, selon les données les mieux établies des connaissances modernes, est mis en relief. Sans l'eau, la Terre serait un astre mort comme la Lune. ... ». Malheureusement pour lui, la lune contient de l'eau, chose que l'on sait depuis peu, chose qu’Hergé le Prophète avait dessiné il y a plusieurs dizaines d'année13. . Il semblerait que même Mars en contienne14..

 

Par la suite, Bucaille s'attaque au cycle de l'eau et des phénomènes qui tournent autour du précieux liquide (pp 301-311). D’emblée, il établit par décret divin que les peuples avaient des conceptions erronées et imprégnées par le mythe où « la spéculation philosophique avait une part plus grande que les données de l'observation ». Ensuite il cite l'article « Hydrogéologie » de l'Encyclopaedia Universalis rédigé par deux spécialistes du sujet en lui-même et non pas des Historiens, chose que l'on constate aisément alors que sont cités Thalès, Platon et Aristote seulement pour la partie Antiquité. Il part donc de 3 personnages et du résumé sommaire de deux Hydrogéologues qui n'ont très certainement pas lu les divers textes anciens pour réduire les sommes du Savoir d’une période de plus de 4000 ans à « ça ». Prenons l’exemple du Zoroastrisme qui évoque le cycle de l’eau de manière tout aussi éparse que le Coran à ceci près que, en toute subjectivité et dans sa démarche de croyant convaincu, Bucaille qualifierait ce récit de « mythe ».

 

Je cite : Yacht 6 "Sacrifice offert au Soleil Splendide", mouvement unique:

"...Le Soleil fomente ainsi la multiplication harmonieuse des troupeaux et de la personne. Et, lorsque le Soleil se lève, la mise en condition optimale (le processus de correction de ses imperfections nocturnes) de la Terre que le Roi de la Sagesse mit en place a lieu, la mise en condition optimale des eaux courantes, des eaux de source, des eaux de lac, des eaux dormantes..."

Yacht 8, Sacrifice offert à Sirius15. dixième mouvement:

"...Sirius surmonte les Envoutantes (sorte de démon) et les expulse hors du lac Large-Fosse. Les nuages peuvent alors monter, emportant les eaux nécessaires aux bonnes récoltes, les eaux qui, dans les brouillards rugissants, se distribuent en de larges rivières pour l'irrigation des Septs secteurs de la Terre. ..." 16..

 

Bien plus, à tout ceci, je vous renvoie à l’image de la partie 217. où l’Apsû est une nappe d’eau douce alors que Bucaille se gargarise que le Coran serait le seul à contenir une allusion aux eaux souterraines qui sont alimentées par les eaux de pluie.

 

Pp 314-315 alors qu’il parle du relief terrestre il écrit ceci :

« Très importantes sont les propositions coraniques relatives aux montagnes et les allusions à leur stabilité par les conséquences des phénomènes de plissement.

— Sourate 88, versets 19 et 20. Le contexte invite les impies à tourner leurs regards vers certains phénomènes naturels, dont : { ... les montagnes. Comme elles ont été dressées dans le sol et la terre comme elle a été aplanie. }

Ici, la notion de racine à l'intérieur du sol ressort clairement du texte. Les versets suivants le précisent d'ailleurs :

— Sourate 78, versets 6 et 7 : { N'avons-Nous pas disposé la terre (telle) une couche et les montagnes comme des pieux. }
Les pieux auxquels il est fait allusion sont ceux qui servent à fixer une tente dans le sol (awtâd, pluriel de watad).

Les géologues modernes décrivent des plissements du sol, faisant prendre assise aux reliefs, et qui ont des dimensions variables allant jusqu'au kilomètre ou même à la dizaine de kilomètres. De ce phénomène de plissement résulte une stabilité de l'écorce terrestre.
Aussi n'est-on pas étonné de lire dans certains passages du Coran quelques réflexions sur les montagnes, telles que :
— Sourate 79, verset 32 : (le sens) { Les montagnes, Allah les a rendues immobiles. }

— Sourate 31, verset 10 : (le sens) { Allah a poussé dans la terre des (montagnes) immobiles de manière à ce qu'elle ne vacille pas avec vous.} …

Ces versets expriment que la manière dont sont disposées les montagnes est favorable à la stabilité, ce qui est tout à fait en concordance avec les données de la géologie.»

Voici un passage fort intéressant. Bucaille essaye ici, comme vous l’avez remarqué, d’imputer au Coran un raisonnement qu’il ne tient pas. Non, en réalité, c’est encore lui qui fait l’effort de remplir les trous avec sa théorie.
Outre ceci, nous disposons à nouveau d’éléments permettant de consolider la théorie émise dans la partie 2, à savoir des influences d’autres cultures, puisque Bucaille nous explique le sens du mot « pieux », les pieux d’une tente que l’on pourrait aisément assimiler à la voute céleste soutenue par les montagnes. D’autant plus que le dernier verset cité ici nous reparle, encore une fois, du « rôle des montagnes pour soutenir le monde ».
Bien plus, les montagnes ne sont pas immobiles puisqu’elles subissent l’érosion, peuvent s’effondrer ou gagner plusieurs centimètres suite à un mouvement.
Posons ici la question : que se passe-t-il lors d’un mouvement de l’écorce terrestre ? Il me semble qu’il y a ici deux réponses primordiales : soit les plaques tectoniques se rencontrent de face et s’élèvent afin de former une montagne, soit l’une des deux plaques passent en dessous de l’autre et s’enfonce dans la croute terrestre. Dans les deux cas la terre tremble et se déplace.
Nous pouvons aussi prendre ici le cas du Japon qui se trouve près de nombreuses plaques tectoniques, un pays très montagneux, qui ne connaitra jamais cette « superbe stabilité ».
A vrai dire, si le Coran parle de montagnes « immobiles », c’est en adéquation avec la fin du monde décrite dans ce dernier où les montagnes connaitront un sort bien spécifique18..

P316-317, l’inattendu arrive, Bucaille est de bonne foi. Alors qu’il parle de l’altitude : « Certains ont prétendu que la notion de gêne en altitude était inconnue des Arabes au temps du prophète Mohammed. Il semble bien qu'il n'en soit rien : l'existence, dans la péninsule arabique, de hauts sommets de plus de 3500 mètres rend peu plausible l'ignorance de la difficulté respiratoire lorsqu'on s'élève. II est aussi des commentateurs qui ont voulu voir ici une annonce de la conquête de l'espace, ce qui paraît devoir être catégoriquement rejeté, pour ce passage tout au moins. » Finalement !

Règnes végétal et animal

L’origine de la vie Bucaille, au moyen du verset 30 de la sourate 2119. , tente de prouver que le Coran annoncerait que la vie provient de l’eau. Bien, ici, on peut admettre que le Coran le fait mais il convient de nuancer son propos.
Primo, l’environnement où se trouvait Mahomet était favorable à l’apparition de cette « croyance », secundo le zoroastrisme donne une grande importance à l'eau. En effet,le Yasht 5 est consacré uniquement à l'eau et à la Déesse Anâhîtâ, Déesse de « l'eau ».
L'importance de l'eau par rapport au cycle de la vie y est très fortement souligné et ceci s'illustre par ce petit passage répété de nombreuses fois : « elle qui parfait la semence des mâles de chaque espèce, elle qui, pour la mise bas, parfait la matrice des femelles de chaque espèce, elle qui, des femelles de chaque espèce, fait de bonnes génitrices, elle qui, aux femelles de chaque espèce, fait monter le lait comme et quand il convient ». Peut-être devrait-on créer un site sur les miracles du zoroastrisme, on y apprend que l'eau est une composante du lait.

Reproduction des végétaux

Bucaille nous cite ceci pp 327-328: « — Sourate 22, verset 5 : { ... Tu vois la terre stérile. Or quand Nous faisons descendre sur elle l'eau (du ciel), elle remue, se met en croissance et fait pousser tout bel élément de couple (végétal). }
— Sourate 31, verset 10 : { Nous avons fait pousser sur (la terre) tout noble élément de couple (végétal). } »
— Sourate 36, verset 36 : { Gloire à Celui qui a créé des éléments de couple de toutes sortes : parmi ce que fait pousser la terre, parmi eux-mêmes, parmi les choses qu'ils ne connaissent pas. }
Bien qu’Allah ne semble pas connaitre la reproduction asexuée chez les plantes que l’on appelle, dans nos contrées, « multiplication végétative ». Bucaille essaye de limiter cette reproduction à une simple multiplication d’un même individu afin de justifier cette grossière erreur dans le Coran. Pourtant sa tentative ne parvient pas à surpasser le problème puisque qu’une plante aura toujours besoin d’eau, qu’elle soit asexuée ou non et qu’il y est bien question de « tout ». En réalité, Bucaille oublie encore une fois de citer un verset qui va à l’encontre de son raisonnement.

Sourate 51, versets 47 à 49 : « Le ciel, Nous l'avons construit par Notre puissance : et Nous l'étendons [constamment]: dans l'immensité. Et la terre, Nous l'avons étendue. Et de quelle excellente façon Nous l'avons nivelée! Et de toute chose Nous avons créé [deux éléments]: de couple. Peut-être vous rappellerez-vous? »

Le règne animal.

(pp. 329-340) Ce chapitre est, à mon sens, le plus bel exemple de l’ignorance de M. Bucaille. En effet il aborde ici la question de la reproduction animale et, par la suite, des abeilles sans pour autant faire un rapprochement indispensable. C’est là-dessus que le développement à suivre va s’axer.

 

1. Reproduction dans le règne animal

« Elle est très sommairement évoquée dans les versets 45 et 46 de la sourate 53 : { Allah a créé deux éléments de couple, le mâle et la femelle, d'une petite quantité de liquide, quand elle est répandue. }

Elément de couple est la même expression que celle que l'on avait trouvée dans les versets ayant trait à la reproduction des végétaux. Les sexes sont ici désignés. Le détail tout à fait remarquable réside dans la précision donnée sur la petite quantité de liquide nécessaire pour la reproduction. Le même mot qui désigne le sperme étant employé pour l'homme, c'est dans le chapitre suivant qu'un commentaire sera donné sur l'intérêt de cette remarque. »

Voici l’entièreté des propos de Bucaille à ce sujet et on constate d’emblée qu’il ne verse pas dans la diarrhée, au contraire de son habitude. Laissant le lecteur à ses petites connaissances et devant une telle généralité, Bucaille peut convaincre ici. Pourtant, nous pouvons contredire le verset coranique aisément.

La parthénogénèse, largement connue à l’époque de Bucaille, est un mode de reproduction monoparentale, présent chez les végétaux et les animaux, qui permet de se passer du sexe opposé pour la reproduction. Ainsi, un organisme peut donner naissance à des mâles et/ou des femelles en l’absence d’un partenaire, sans échange de sperme donc. Si l’actualité récente nous honore de quelques exemples parmi les requins20., je vais m’attarder sur le cas des abeilles, dont Bucaille parle plus loin sans évoquer ce phénomène, et des pucerons.

  1.  Les abeilles domestiques : « Chez les hyménoptères sociaux, la parthénogénèse arrhénotoque est facultative, c'est-à-dire que l'oeuf se développe, qu'il ait été fécondé ou non. S'il se développe parthénogénétiquement, il donne naissance exclusivement à des mâles; s'il est fécondé, il donne des femelles (ouvrières ou reines suivant la nourriture que la larve reçoit). » 21.. Ainsi, on constate que le sperme n’a pas besoin d’être émis pour créer des couples mais, ici, en une seule occasion.
  2. 2) Les pucerons : « Les pucerons présentent la particularité de pratiquer successivement deux modes de reproduction au cours de l’année, la sexualité et la parthénogénèse mitotique (ou reproduction clonale). Des sexués sont formés au cours de l’automne sous l’effet de la baisse de la durée du jour et de la température et les femelles fécondées pondent des oeufs qui résistent au froid et diapausent au cours de l’hiver. A la fin de l’hiver ces derniers éclosent et donnent naissance à des individus femelles (les fondatrices) se reproduisant sans fécondation (parthénogénétiques). Entre douze et vingt générations parthénogénétiques (sauf exception) vont ensuite se succéder au cours de la belle saison, puis une génération de sexués sera formée à l’automne suivant et le cycle recommencera. »22.. On constate donc ici que les femelles fondatrices engendrent des pucerons sexués, des couples, sans l’intervention de sperme. Et que les éléments sexués engendrent non pas des « couples » mais uniquement des femelles.

4. Provenance des constituants du lait animal

Enième exemple de la méthode douteuse du sieur Bucaille, ce passage nous permet au moins de montrer un autre aspect de cet homme, de ce traducteur de talent.

Je cite, pp. 337 : « C'est en rigoureuse conformité avec les données de la connaissance moderne que la provenance des constituants du lait animal est définie par le Coran (Sourate 16, verset 66). La manière de traduire et d'interpréter ce verset est toute personnelle, car les traductions, même modernes, lui donnent habituellement une signification qui n'est guère acceptable, à mon avis. »
On apprend donc ici qu’une interprétation personnelle d’un verset lui permet d’affirmer la conformité du Coran avec cet élément. Il passe donc d’un point de vue tout à fait subjectif, certes argumenté par après, à un état de fait, une affirmation universelle. Aussi, sans entrer dans le détail puisque vous avez déjà deviné que Bucaille « prouve par A+B que le Coran dit la vérité, une vérité nullement annoncée auparavant et découverte bien plus tard », je vous fournis la preuve, déjà citée auparavant, que le Zoroastrisme en avait déjà fait mention :
Le Yasht 5 est consacré uniquement à l'eau et à la Déesse Anâhîtâ, Déesse de « l'eau » et voici une formulation répétée à de nombreuses reprises tout le long du texte : « elle qui parfait la semence des mâles de chaque espèce, elle qui, pour la mise bas, parfait la matrice des femelles de chaque espèce, elle qui, des femelles de chaque espèce, fait de bonnes génitrices, elle qui, aux femelles de chaque espèce, fait monter le lait comme et quand il convient ».

Reproduction humaine

Dans ce chapitre surprenant, on peut constater que les connaissances de l’auteur en histoire de la médecine sont fort limitées. Il est fort amusant de constater qu’un médecin qui consacre un bout de son bouquin, ou plutôt cinq lignes, à « l’histoire » de sa discipline ne connaisse ni de près ni de loin l’existence de personnes comme Galien ou Hippocrate. Enfin peut-être englobe-t-il ceux-ci dans son éternel « conceptions erronées ».
Pourtant la médecine galénique, à cette époque est très répandue, à l’exemple de la célèbre académie de Gundishapur23.. D’ailleurs je vous renvoie à un article très bien fait sur ce sujet précis, n’ayant pas les connaissances requises actuellement pour faire ma propre argumentation : http://atheisme.free.fr/Contributions/Coran_1_embryologie.htm , il répond parfaitement aux assertions de Bucaille.

Ceci est le dernier chapitre abordé dans ce long et indigeste article. Bien que ce ne soit pas le dernier du livre, j’estime qu’il y a bien assez de preuves, ici et ailleurs, à la portée de tous pour en finir avec le Bucaillisme.


12 + Ceci sera développé prochainement dans un article.

13 + http://www.liberation.fr/sciences/0101602813-il-y-a-de-l-eau-sur-la-lune

14 + http://www.lexpress.fr/actualites/2/actualite/nouvelles-preuves-de-la-presence-d-eau-a-l-etat-liquide-sur-mars_1018311.html

15 + Sirius était une étoile très connue par les Egyptiens, Grecs, etc. Elle annonçait chez les Egyptiens les crues du Nil. Elle est mentionnée dans la Sourate 53, verset 49. De plus, c’est dans cette même sourate que sont mentionnées des Déesses voir article : http://www.critique-islam.com/article-des-divinites-grecques-a-la-mecque-et-dans-le-coran-71339856.html

16 + E. Pirart, Les adorables de Zoroastre : textes avestiques traduits et présentés par Eric Pirart, Paris, Max Milo, 2010.

17 + http://www.critique-islam.com/article-maurice-bucaille-et-l-ecriture-partie-2-2-84611921.html

18 + http://www.critique-islam.com/article-la-fin-du-monde-72293683.html

19 + http://islamfrance.free.fr/doc/coran/sourate/21.html

20 + Certains doivent se retourner dans leur tombe, vu le lieu: http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/01/05/parthenogenese-un-cas-dimmaculee-conception-chez-le-requin-zebre/#xtor=RSS-3208

21 + http://perso.infonie.be/pomacea/parthenogenese_fr.htm

22 + http://www.itab.asso.fr/downloads/actes/actesfl2010web.pdf#page=25l

23 + Cette académie fera l’objet d’un article.

Par Mécréance - Publié dans : Faits et méfaits de musulmans
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 10:55

Source: http://blogues.cyberpresse.ca/paquin/2011/11/11/des-extremistes-de-lislam-bannis/

 

Je vous ai déjà parlé dans cette tribune d’Anjem Choudary et ses “Musulmans contre les croisades”, énième réincarnation d’Al-Mouhajiroun, qui fut interdite en 2006.


Le ministère de l’Intérieur est sorti de son inertie face à ce groupuscule dont les membres glorifient Oussama Ben Laden et brûlent des coquelicots, symboles à leurs yeux de l’impérialisme britannique. À la veille du jour du Souvenir, la ministre Theresa May a officiellement criminalisé l’appartenance à “Musulmans contre les croisades”. Ils planifiaient une manifestation intitulée: “L’enfer pour les héros”.


Son site internet, principal outil de propagande, est maintenant inactif. Le domicile d’Anjem Choudary a été passé au peigne fin par la police aujourd’hui. Il a menacé de fonder une nouvelle organisation qui dénoncerait “le régime terroriste de la Grande-Bretagne”.


Les ennemis jurés de Choudary ont aussi été la cible d’une opération policière aujourd’hui: les membres de l’English Defence League. Plus d’une centaine étaient réunis dans un pub près de Trafalgar Square pour souligner le jour du Souvenir. Une rumeur (fausse, à mon avis) courait qu’ils allaient attaquer le camp des “indignés”, qui sont toujours au poste devant la cathédrale Saint-Paul.

Par Mécréance - Publié dans : Actualité
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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 21:42

Source: http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-francs-macons-en-terres-d-islam_496022.html

 

Du Maroc à l'Iran, de la Turquie à l'Arabie saoudite, leur histoire est ignorée, leur place et leur influence sont largement niées. Antoine Sfeir, écrivain et rédacteur en chef des Cahiers de l'Orient, lève le voile et évoque pour L'Express la franc-maçonnerie dans les pays musulmans -ainsi qu'en Israël

Des Cahiers très francophones

Le dernier numéro des Cahiers de l'Orient, fondés en 1985 par Antoine Sfeir, est intitulé L'Equerre et le Croissant, enquête sur la franc-maçonnerie en terres d'islam. Revue trimestrielle d'études et de réflexion sur le monde arabe et musulman, les Cahiers de l'Orient se veulent très attachés à la francophonie, qui constitue, selon leur charte rédactionnelle, «l'un des derniers lieux privilégiés de la liberté».

Vous avez décidé de consacrer le dernier numéro de la revue que vous dirigez, Les Cahiers de l'Orient, aux francs-maçons. Pourquoi ce choix?

D'abord parce qu'il s'agit d'un véritable tabou. J'ai toujours entendu parler des francs-maçons au Moyen-Orient, mais, en l'absence de transparence, je n'ai jamais vraiment su quels étaient leur influence ni leur poids réel. Alors, j'ai voulu en savoir davantage, d'autant plus que des signes de renouveau apparaissent ça et là. D'où l'idée d'y consacrer le dernier numéro des Cahiers de l'Orient.


Est-ce qu'on peut tenter de situer, sur un plan historique, la grande histoire de la maçonnerie au Moyen-Orient?

Au Machrek, c'est, incontestablement, à partir du XIXe siècle que l'on a vu poindre la «lumière» de la maçonnerie, les premières tentatives voyant le jour essentiellement au Liban. Tout commence avec les entreprises de soierie françaises qui viennent, dans les vallées du Chouf et ailleurs, exploiter des usines de vers à soie et envoyer leur production à Lyon. Parallèlement, sur le plan culturel, les jésuites et les congrégations s'installent au Liban et dépendent de la province de Lyon. Les Lyonnais, ou des industriels originaires de la région lyonnaise, sont très présents. Et, paradoxalement, les premiers maçons qui viennent de France, puis leurs émules libanais, sont d'abord des élèves de ces congrégations religieuses, formés à l'excellence puis convertis à ce qui est alors perçu comme une religion du progrès, version émancipée de la foi chrétienne. La maçonnerie au Liban va se développer à la fin du XIXe siècle, au moment où, dans l'Empire ottoman, commence à poindre la révolution des Jeunes Turcs de 1908, parce que se répand dès cette époque le rêve d'un grand royaume arabe qui sera activé par la promesse anglaise faite à Lawrence d'Arabie. A ce moment-là, les maçons, réunis dans des comités d'indépendance, sont les artisans de l'indépendance des Etats-nations, sous l'influence, bien entendu, de différents intellectuels français. Les deux comités les plus importants, du reste, se trouvent au Caire et à Paris, notamment pour l'indépendance du Liban et de la Syrie. On assiste à un vrai travail, parallèle d'ailleurs à la renaissance arabe, un vrai renouveau culturel. On peut dater les débuts de la franc-maçonnerie aux années 1850-1860. Au Liban et en Syrie. Par la suite, le mouvement va faire tache d'huile. La Jordanie n'existe pas encore, mais la Palestine, elle, existe. Or, avec l'arrivée des Anglais dans la région, et selon une démarche similaire, l'établissement des protestants, vers 1830, va également aboutir à l'installation des maçons en Palestine. Ce qui s'accélérera pendant la Première Guerre mondiale et le mandat britannique.


La franc-maçonnerie, pur produit de la colonisation?

Il faut être plus subtil que cela. C'est une forte aspiration arabe à l'indépendance et au progrès qui rencontre une structure européenne efficace. Voilà pourquoi il se produit une floraison de loges maçonniques avec l'arrivée des Européens. Un tremplin sera constitué par les événements survenus au Liban en 1860: les massacres des chrétiens par les Druzes jouent un grand rôle dans la prise de conscience des élites. Surtout lorsque les intellectuels mesureront la portée de l'intervention d'Abd el-Kader, exilé par les Français en Syrie, qui va sauver à lui seul plus de 10 000 chrétiens, à Damas. Or Abd el-Kader est maçon. Depuis l'Algérie. Dans son silence forcé, à Damas, il va être un maçon assidu et lui donner un autre départ dans tout le Levant.


Qu'en est-il du reste du monde arabe?

Il faut mettre l'Egypte à part, car, dans ce pays, on voit apparaître des maçons et des germes de maçonnerie universels dès l'expédition de Bonaparte. Mais le développement se fera par étapes. La première phase sera, bien entendu, incarnée par les saint-simoniens, qui vont arriver, chez Ibrahim Pacha, pour enseigner le français aux officiers égyptiens, dans les casernes. Parmi ces saint-simoniens, Ismaïl Urbain, qui sera aussi tenté par la maçonnerie, mais qui ne fera pas, d'après ce qu'on sait, acte d'initiation. Le second départ, ce sera l'initiation d'Ismaïl Pacha, fils d'Ibrahim Pacha, khédive d'Egypte. Il va être initié par les Français, notamment par le groupe de Ferdinand de Lesseps qui compte surtout des maçons constructeurs.


Et le Maghreb?

Là, on peut parler davantage du poids de la colonisation. Nous avons d'ailleurs les contributions très détaillées des colons français à l'édification d'une maçonnerie locale. Dès l'arrivée des Français, les loges vont se multiplier. Avant tout en Algérie, puis en Tunisie et au Maroc. Cela prendra plus de temps au Maroc, en raison du caractère très construit de la société traditionnelle et de l'ancrage islamique, très fort. Mais, tout de même, le futur roi Mohammed V, père de Hassan II, aura la réputation tenace d'être franc-maçon, même s'il n'a jamais été vraiment possible de le prouver.


L'Algérie semble toutefois être une terre d'élection...

Absolument. Et le fait demeure. Quand on retrouve aujourd'hui des «Arabes» musulmans dans les loges en France, ce sont à 90% des Algériens. La maçonnerie a toujours connu un vrai succès en Algérie. Et également en Tunisie. En raison d'un engouement de la part des classes moyennes et du lien naturel entre la maçonnerie et l'éducation. Pour les mêmes raisons, il y aura une vraie influence maçonnique en Turquie et en Iran.


Cela dit, la Turquie et l'Iran sont un peu à part.

Deux cas intéressants, en effet. Deux énormes morceaux. On se rend compte que, dès 1916, les constitutionnalistes en Iran sont avant tout des francs-maçons. Ils constituent la charpente, la pierre de touche du nouvel Etat iranien. Ils se laisseront un peu dépasser par la nomination du chah, le père du dernier chah, mais resteront quand même très présents. Ils le seront également aux côtés des zoroastriens, bien entendu, dans la classe moyenne, dans la haute bourgeoisie et dans la fonction publique. Ce sont de grands serviteurs de l'Etat iranien. En Turquie, c'est entièrement différent. De tout temps, c'est-à-dire depuis les liens instaurés entre l'Empire ottoman et l'Occident, il a existé des échanges, grâce aux nombreux Ottomans qui poursuivaient leurs études ou allaient accomplir leur spécialité en Europe, notamment en Angleterre. Dans un premier temps, il va y avoir une influence primordiale de la loge anglaise, donc le rite écossais ancien, mais, en même temps, on va assister, dès la IIIe République, à une implantation du Grand Orient français. Cette mixité des cultures, ce syncrétisme est très propre à la Turquie. Au point qu'il y aura une sorte de va-et-vient entre les francs-maçons turcs et certains courants mystiques de l'islam, et ce jusqu'à nos jours. Il semble ainsi que, selon certaines rumeurs, beaucoup des islamistes prétendument modérés aujourd'hui au pouvoir en Turquie aient fait un passage par l'initiation...


Donc la Turquie est un pays où la maçonnerie est encore très forte...

Oui, ainsi qu'en Iran. Les maçons iraniens ont été pointés du doigt au moment de la révolution khomeiniste. Ils ont très mal supporté les dix ans qui ont suivi. Mais depuis le cessez-le-feu avec l'Irak, à la fin des années 1980, ils ont retrouvé une certaine visibilité.


Peut-on dire qu'au Moyen-Orient, d'une manière générale, les maçons jouent actuellement un rôle très important, par exemple dans des structures laïques comme le parti Baas, en Syrie ou en Irak?

Oui, dans tout parti séculier, ils sont importants. Si on veut dresser un tableau global, les maçons sont très bien implantés en Turquie, en Syrie, au Liban et en Israël. Ce n'est pas un hasard d'ailleurs.


En Israël aussi?

Dès l'établissement du premier kibboutz, en 1910, c'est l'introduction, en Palestine, de la franc-maçonnerie, qui existait, notamment dans les grandes villes, grâce aux Anglais, comme on l'a dit, et aux protestants, mais très peu dans les campagnes. Dès l'arrivée des juifs en Palestine, jusqu'à la création d'Israël, en 1948, la maçonnerie s'implante solidement grâce aux vecteurs de pénétration des kibboutzim et des moshavim. A partir de la proclamation de l'Etat d'Israël, le milieu travailliste et laïque des grands leaders, des pères fondateurs,va entretenir des liens étroits avec la maçonnerie.


Seulement travailliste?

A présent, on compte beaucoup de maçons de l'autre côté, parmi la droite laïque, mais on n'en trouve pas au point de départ, en 1948. Cela viendra plus tard, essentiellement du fait des Azkhénazes d'ailleurs. Les Séfarades restent encore très méfiants...


Et les pays du golfe Persique?

Au Yémen dans et toute la péninsule arabique, la maçonnerie est très faible et pratiquement inexistante, sauf parmi les expatriés, qu'ils soient arabes ou étrangers.


Quels sont les domaines de prédilection de la maçonnerie orientale?

Exactement les mêmes centres d'intérêt qu'en Europe. Les mêmes thèmes. Mais on ne parle pas de «laïcité»; on parle de «sécularisation». Les sujets clefs sont l'éducation, la réforme de l'Etat et, parfois, un grand thème de société tel que la femme, l'interruption volontaire de grossesse, la contraception, le planning familial. Le champ de la réflexion reste quand même nettement plus restreint qu'en Occident. Ce ne sont pas les mêmes moyens qui sont utilisés. Beaucoup de médecins travaillent entre eux. Dans ce qu'ils nomment les fraternelles. Le planning familial a été introduit grâce au travail des maçons, notamment en Egypte, par l'intermédiaire des Nations unies... Travail de très longue haleine, commencé sous Nasser. Mais quand, en 1971, 1972, 1973, on a commencé à vouloir être vraiment efficace, on s'est rendu compte qu'il fallait également former les intéressées, et notamment les femmes paysannes. Un véritable travail sur le terrain a été accompli, à la fois par l'Unicef et par les maçons locaux...


Donc la femme est un objectif important...

Très. Même si très peu de femmes peuvent imaginer entrer en maçonnerie dans l'Orient actuel. Malgré certaines avancées, la femme reste surtout un sujet d'intérêt pour les maçons masculins.


Politiquement, les francs-maçons ont-ils une spécificité?

On les retrouve essentiellement à gauche. Parce que, dans tout l'Orient, c'est la gauche qui essaie encore de faire bouger les choses, alors que la droite, elle, non seulement détient le pouvoir, mais aussi a fait de telles concessions aux islamistes qu'elle ne peut plus maintenant accueillir les francs-maçons. Les francs-maçons ne peuvent pas accepter, par exemple, le fait que Sadate ait pu autant céder aux islamistes, sur la question de l'excision des femmes ainsi que sur celle de la charia ou, pour être plus précis, l'inspiration de la Constitution égyptienne à travers la charia. Du reste, Sadate est un homme qui nous a tous fascinés par son recueillement à Jérusalem, mais on s'est peu penchés sur son bilan intérieur... Il ne faut pas oublier que, du jour au lendemain, il a fait passer son pays entre les mains des Etats-Unis, alors que l'Egypte était autonome ou autosuffisante sur le plan céréalier: 85% du blé égyptien proviennent du surplus américain. En conséquence, les maçons ne peuvent pas se sentir à l'aise dans le parti au pouvoir en Egypte. Plus généralement, il y a un engagement, chez tous les maçons orientaux quels qu'ils soient, dans la lutte pour la démocratisation. C'est une constante qui prend beaucoup plus de poids aujourd'hui où l'on assiste à une telle rupture de représentativité.


Est-ce qu'il y a des professions où ils sont plus présents?

Oui, les professions libérales: médecins, avocats, magistrats, enseignants. On les retrouve également dans la haute fonction publique, surtout chez les magistrats. En ce qui concerne les enseignants, il faut savoir que l'école publique n'est pas très considérée en Orient. Je ne parle pas de la Turquie et de l'Iran, mais du reste des pays arabes, où l'enseignement privé est tenu pour beaucoup plus prestigieux. En toute logique, on compte de nombreux francs-maçons dans l'enseignement privé. On en rencontre aussi énormément parmi les milieux d'affaires. Beaucoup de businessmen, qui ont utilisé dans le passé la maçonnerie comme des réseaux, sont maintenant militants au sein des obédiences acceptées.


Est-ce que les francs-maçons ont joué un rôle, par exemple, dans le dialogue israélo-arabe?

Ils ont essayé, certainement. A travers un tissu associatif: Identité et dialogue, par exemple, pour le Maroc. En Tunisie aussi, un peu. Au Levant, ils ont été obligés de s'adapter, j'allais dire, à l'hypocrisie ambiante: on parlait avec les Israéliens, mais dehors, dans le secret et la clandestinité. On ne communiquait pas à l'intérieur du système national. Pas dans les pays, pas dans le cadre classique. A l'extérieur, en visite à Paris, ou à Londres. A Paris, par exemple, on se retrouvait, on échangeait, il y avait même des réunions entre loges, entre obédiences... mais, pas officiellement, pas institutionnellement. Grâce à cette discrétion, des travaux importants ont été accomplis dans les loges. Ces travaux-là - ces planches, comme ils disent - ont été passés à qui de droit et ont fait leur chemin. C'est incontestable dans des domaines comme l'éducation. Un exemple: à un moment donné, il y a eu des négociations très dures entre la Syrie et le Liban concernant la mise à niveau de l'éducation entre les deux pays. Un travail de fourmi a été mené, à tous les échelons de l'institution, pour que l'éducation libanaise ne pâtisse pas de cette mise à niveau. Il faut expliquer que le c?ur de l'Etat, en Syrie, est noyauté par les Alaouites et que l'on compte parmi ces derniers beaucoup de maçons. On a souvent dit que Hafez el-Assad en faisait partie.


Y a-t-il beaucoup de noms aussi célèbres chez les maçons?

On cite généralement Assad, mais aussi Moussa Prince, qui était un grand avocat libanais représentant un pôle du débat intellectuel au Liban, avant et durant la guerre. Il fut surtout l'inspirateur de Camille Chamoun, président de la République entre 1952 et 1958, puis l'un des dirigeants incontestés des partis chrétiens libanais. Moussa Prince était certainement l'un des meilleurs représentants du Grand Orient. Son décès a laissé un vide immense. Il faut aussi parler de la famille sunnite Sohl. Sami Sohl, l'un des pères de l'indépendance, et Premier ministre de Camille Chamoun, était un maçon. Il y a eu également d'autres dirigeants musulmans, comme certains anciens Premiers ministres, toujours vivants, qui ont accepté, par exemple, de soutenir le fameux traité libano-israélien de 1983, qu'Amine Gemayel n'a pas ratifié. On cite également beaucoup l'entourage d'Assad, tel Mustapha Tlass. Difficile à vérifier. Les musulmans ne revendiquent plus leur appartenance, comme Abd el-Kader a pu le faire. Désormais, ils ont peur. N'oublions pas, quand même, qu'il existe des pays où il suffit qu'un citoyen soit montré du doigt par un islamiste influent pour qu'il passe aussitôt en justice.


Est-ce qu'il existe des lois contre les maçons dans les pays arabes?

Oui, dans toute la péninsule arabique, puisque les maçons y sont considérés comme des mécréants. Le Yémen est en train de changer, parce que c'est un régime marxiste. Mais, en Arabie saoudite et dans les Emirats, il y a une véritable suspicion. Au Maroc, actuellement, on ne peut pas dire non plus que les maçons aient le vent en poupe. En revanche, au Levant, il y a une sorte de regain, de même qu'en Jordanie, où, sans se déclarer publiquement, les maçons n'hésitent plus à tenir la dragée haute aux islamistes, notamment dans des débats, qu'ils soient politiques, parlementaires, médiatiques ou intellectuels.


Peut-on tenter d'avancer quelques chiffres?

C'est très difficile. Autant peut-on avancer une fourchette pour Israël (aux alentours de 10 000), l'Iran et la Turquie, autant il est impossible d'évoquer sérieusement une donnée chiffrée pour les autres pays. Depuis cinq ans, il y a une véritable renaissance de la maçonnerie au Liban, et en Syrie, assez étonnamment d'ailleurs mais pas paradoxalement, parce que ce pays reste quand même aux mains d'un régime très séculier.


Comment expliquez-vous ce regain?

Les loges locales ont acquis une forme d'autonomie nouvelle. Elles sont devenues autocéphales. Par exemple, on sait, d'une façon certaine, que l'ancien patron de la chambre de commerce et d'industrie de Syrie, un sunnite de Damas décédé il y a deux ans, était l'un des grands maîtres de la maçonnerie. Mais, à la limite, il en a presque usé comme d'un moyen de se créer des relations d'affaires. On suppose que son fils, qui a repris le flambeau, est aussi franc-maçon. Quant au Maghreb, on pense que les maçons y sont plus nombreux chez les Kabyles que dans le Constantinois. Ils sont également assez nombreux dans l'Algérois. Mais, pour en savoir davantage, il faudrait ouvrir les cartons consacrés à l'Algérie qu'on a découverts au Grand Orient, lesquels ne sont pas encore exploités.


Et l'Egypte?

C'est redevenu un pays important. Sous Nasser, beaucoup de petits ou grands entrepreneurs sont partis s'établir au Canada, en Angleterre et quelque-uns aux Etats-Unis. Sous Sadate, ils sont en majeure partie revenus. Aujourd'hui, il y a en Egypte des entreprises énormes, de taille internationale. Oaskom, par exemple, qui occupe une position de force dans la téléphonie mobile, du Moyen-Orient à l'Afrique. Ces groupes internationaux ont ramené avec eux des cadres qui ont fait des études supérieures et qui sont concernés par la maçonnerie. Si la maçonnerie locale était une sorte d'Eglise autocéphale, avec ce sang neuf, on constate un renouveau dans la bourgeoisie égyptienne, cette nouvelle classe moyenne qui fait la force de l'Egypte, même si le pays est en cessation de paiement. Un nombre élevé de maçons commencent depuis un certain temps à s'organiser. Et ils essaient de tenir la dragée haute aux islamistes. Car le grand danger, partout, reste l'islamisme, beaucoup plus que l'Etat. On connaît, hélas! la rengaine des fondamentalistes musulmans contre l'ennemi judéo-maçonnique.


Compte tenu du besoin criant de modernité dans le monde arabe, iriez-vous jusqu'à dire que les maçons ont plus de poids dans le monde arabe qu'ils n'en ont en Europe?

C'est à peu de chose près exact. Dans le cadre d'une citoyenneté communautaire, ils aident à transcender, ne serait-ce que dans un premier temps, les clivages anciens de la société. Quelle ne fut pas ma surprise de voir en 2000, au Liban, des maçons musulmans être les premiers à dénoncer la «maladie de l'islam»! On se plaignait, après les attentats du 11 septembre 2001, que les intellectuels musulmans n'aient pas dénoncé la fièvre islamiste. Je n'ai constaté cette dénonciation ni en Europe ni en Occident, en général, sauf au Proche-Orient, dans les loges maçonniques. En Syrie, par exemple, il existe actuellement un véritable mouvement de réforme qui dit clairement que l'islam doit s'arrêter à 622 et doit rester confiné aux relations de l'homme avec son créateur. Ce mouvement-là, qui commence à avoir du succès, puisque le livre Nouvelle Lecture du Coran a été vendu à près de 300 000 exemplaires, est dû au Pr Mohammed Chahrour ou à des gens comme Ziad Hafez, qui cherche à tracer un pont entre l'Orient et les Etats-Unis. Les deux sont certainement influencés par des idées maçonniques, et d'autres intellectuels avec eux. Est-ce que ce mouvement de réforme va aboutir à l'aggiornamento tant désiré? L'avenir nous le dira. 

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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 15:54

Importé d'Arabie saoudite, au gré des relations commerciales avec ce pays, l'islam wahhabite gagne du terrain au Mali. Mosquées aux imams intégristes, femmes voilées de noir ou en niqab en sont les signes les plus visibles. Mais les islamistes, qui revendiquent de plus en plus ouvertement l'application de la charia dans un pays traditionnellement laïque, sont aussi parfois prêts à en venir aux mains.


Lundi 26 septembre, 4 heures du matin. Un groupe d’individus hurlant des « Allah akbar, astakfir » fait irruption dans la petite boîte de nuit de l'hôtel Flamboyant, dans le quartier de Kalaban Coura, à Bamako. Ils incendient le bar et disparaissent comme ils sont arrivés.


L’acte est isolé, mais pas anodin. Depuis plusieurs années, régulièrement, des incidents plus ou moins violents impliquant des islamistes émaillent la vie nocturne de la capitale malienne. Une tension autour des bars et des lieux de rencontre qui est indissociable de la montée en puissance des partisans d’un islam dur au Mali. Mais aussi de l'ambiguïté des autorités maliennes, qui redoutent la mobilisation des islamistes contre le gouvernement, comme cela a été le cas en 2009 contre la réforme du Code de la famille, qui attend toujours une deuxième lecture à l'Assemblée nationale.


« Lorsque j'ai commencé à avoir des problèmes avec les fidèles de la mosquée Sabilou Rachad, l'Office malien de l'hôtellerie m'a dit d’élever le mur du patio pour cacher ce qui se passe à l'intérieur. Ce que j’ai fait. Peu après, j’ai dû changer l’entrée de la boîte de nuit. Mais malgré ça, ils sont venus tout casser », indique M. Dembélé, le propriétaire de l'hôtel Flamboyant.

 

Décret imprécis et source de tension


Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali

« Bamako est une ville qui se réclame de l'islam. Aujourd'hui il y a une tendance qui fait que chaque riche qui construit une villa, érige à ses côtés une mosquée. C’est dans ces mosquées qu’officient les jeunes qui sont de retour après leurs études en Arabie saoudite, en Égypte... C'est ce qui explique cette multitude de mosquées. La tendance wahhabite est la plus dynamique et la plus dévouée, car ses adeptes sont en général de riches commerçants et des hommes d’affaires.

Je ne connais pas les auteurs de l’attaque de la boîte de nuit de Kalaban Coura, mais la justice est là pour régler ça. En mars 2005, on nous à accusé d’être derrière les attaques contre les bars après la défaite du Mali contre le Togo [lors des éliminatoires pour la CAN 2006, NDLR]. Mais nous avons la conscience tranquille. Nous sommes dans un État de droit. Et nous avons le décret qui régit l'implantation des bars et autres lieux de consommation d'alcool, leur interdisant d’être près des lieux de culte, des cimetières, des casernes militaires, et des lieux résidentiels. »

Au Mali, les religieux s’appuient souvent sur un décret de 2006, pris après la nuit de violences du 27 mars 2005 (voir encadré ci-contre). Celui-ci interdit la présence de débits d’alcool à côté des lieux de culte, mais sans préciser la distance minimale devant être respectée. Or la population de Bamako croît à grande vitesse : elle est passée d’environ un million d’habitants en 1998 à près de deux millions en 2011. Conséquence : les mosquées, dont on estime désormais le nombre à plusieurs centaines dans la capitale, ont presque triplé depuis les années 2000. Et les conflits - plus ou moins latents - se multiplient avec les bars qui s'ouvrent un peu partout.


D’autant que dans les nouveaux quartiers de Bamako se construisent de plus en plus de mosquées qualifiées de « wahhabites » par la population. « Les gens nous désignent comme cela, car nous croisons les bras en priant, nous ne faisons pas de « fatiha » [vœu après la prière collective, NDLR] et nous n'acceptons pas le port de grigris », explique Ibrahim Maiga, l'imam adjoint de la grande mosquée du quartier de Magnambougou, qui se félicite de « compter au moins 10 mosquées » de même tendance que la sienne dans la capitale malienne.


Âgé de 35 ans, il a fait ses études en Arabie saoudite pendant 4 ans « après avoir rejoint [son] père, émigré  » dit-il. Les pays du Golfe financent parfois des études, des pèlerinages, des équipements comme « les tapis de la mosquée », confie Maiga, mais aussi, souvent, le bâtiment religieux lui-même. « Nous avons eu des soutiens de la part de l'ONG Alpharouk, qui trouve de l'aide en provenance des pays extérieurs », explique Mohamed Fofana, le muezzin adjoint de la mosquée Diamiou Ali Ibn Abitaleb, du quartier de Lafiabougou.

 

"Celui qui n'est pas musulman n'est pas mon frère"


Au siège de ladite ONG, dans le quartier chic de Hamdalaye ACI, se trouve une mosquée wahhabite du nom de Al- Muntada al-Islami, réputée pour son caractère ultra-conservateur. « Celui qui n'est pas musulman n'est pas mon frère, même si nous sommes frères de lait », lance l'imam, Ousmane Traoré...


Retour à Kalaban Coura, où la boîte de nuit du Flamboyant a été vandalisée (voir photo ci-contre). « Les mosquées wahhabites poussent en grand nombre ici », indique fièrement Cheik Ali Fofana, enseignant dans une medersa située dans la cour de la mosquée Sabilou Rachad, dont les fidèles sont soupçonnés d’être à l’origine de l’attaque du 26 septembre. « Nous accueillons chaque année à la rentrée une moyenne de 80 nouveaux élèves », précise-t-il.


Autre quartier, même tableau. Située à Yirimadjo, la « mosquée de Daoud » est réputée proche du Pakistan. Âgé d'à peine 30 ans, l'imam se nomme Mohamed Togola mais se fait appeler Mohamed Ben Mokhtar. « Nous ne nous définissons pas comme wahhabites, explique-t-il, mais plutôt comme des sunnites ». Tendance rigoriste, bien-sûr. Pas de bars, ni de boîtes de nuits dans les parages, mais « si jamais ces choses viennent ici, nous ne les accepterons pas, pas plus nous que les cinq autres mosquées du quartier », menace Ben Mokhtar.


Même le traditionnel « bal poussière » malien, où les filles et les garçons se rencontrent, est menacé. « Nous allons nous organiser avec les autres jeunes des mosquées pour empêcher ce genre de manifestations dans nos rues », affirme le muezzin adjoint de la mosquée de Lafiabougou. Après une rencontre portant sur le sujet à la grande mosquée de Bamako, le 2 octobre 2011, la ligue des imams et des érudit pour la solidarité islamique a publié un communiqué de presse appelant à la tolérance et à la paix. Tout en restant ferme sur les principes pour donner des gages à son aile dure. « Les musulmans respectent tout le monde, mais ne craignent personne quand il s’agit de dire la vérité dans le domaine de la religion ».


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Mali : voyage au coeur du Bamako wahhabite | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique , des commentaires assez intéressants s'y trouvent ainsi que la déclaration du Président du Haut Conseil Islamique du Mali.

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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 17:53

Suite de cet article. La première partie se trouve ici: Bonne lecture.

Troisième partie prochainement accessible.


Le concordisme.

 

Voici la pièce maîtresse du livre, près de 220 pages de masturbation que notre cher ami introduit page 28 par les termes suivants : « C’est sans aucune idée préconçue et avec une objectivité totale que je me suis d’abord penché sur la Révélation coranique avec les données de la science moderne. », voyons voir ce qu’il en est.

Il écrit à de nombreuses reprises les poncifs habituels tels que :

  • Mahomet est illettré (p227): on a vu qu’il y avait matière à débat et que cela ne l’empêchait pas de pouvoir parler.

  • La science stagnait depuis longtemps en Arabie et ailleurs (p219) : ce qui ne veut pas dire qu’elle n’y avait pas de connaissances poussées.

  • Mahomet ne pouvait pas connaître tout ceci puisqu’ils étaient tous des ignorants (pp 218-219) : il a voyagé et le Coran ainsi que certains articles de ce blog prouvent que c’est loin d’être vrai.

  • L’Europe était sclérosée par le christianisme. (pp 210-211)

  • L’islam a encouragé la science : pourtant bon nombre de falsafa (philosophe) ont eu des problèmes. (pp 211-212)

 

D’emblée, à la lecture de cet ensemble, on constate une contradiction suite à l’absence de méthode de travail. Page 211, Bucaille écrit : « Pour l’Islam, l’attitude vis-à-vis de la science fut en général tout autre. Rien n’est plus clair que le fameux hadith du Prophète : « Recherche la science même en Chine. » alors qu’il parlait de l’Europe chrétienne et ignorante. D’une part il ne mentionne nulle part d’où vient cet hadith alors qu’il le fait ailleurs, ce qui empêche au commun des mortels d’identifier la sûreté de la source. D’autre part, cela confirmerait que Mahomet avait des connaissances sur le monde qui l’entoure, chose qui exclurait son ignorance.

Un hadith est un acte ou une parole de Mahomet qui est rapporté par une chaine de transmetteurs. Celui-ci peut être classé, globalement, en authentique (sahih) ou en douteux (daïf) selon la fiabilité des témoignages. Dans ce cas-ci, il est non seulement daïf mais aussi « mawdoo' », c'est-à-dire « inventé », selon certains savants : ce qu’il qualifie de hadith est en réalité une expression populaire. Ainsi Bucaille nous apporte une énième fois une preuve falsifiée5..

 

Plus loin, pp 222-223, il parle d’un sujet célèbre parmi les concordistes : le Coran annoncerait que l’homme marchera sur la lune6.. (voir image)

Harun YahyaUne méthode assez amusante puisqu'une partie du verset disparait pour faire correspondre les chiffres.

 

 

 

La création de l’univers et de la terre.


Bucaille explique (pp242-243) la conception coranique de la création de l’univers. Dieu a créé l’univers en 6 jours, des jours que l’on doit comprendre comme des périodes, ce que Bucaille mentionne. Pour preuve, il cite ce verset [32 :5] « … en une période de temps dont la mesure est de mille de ce que vous comptez. » alors que le verset précédent parle justement des 6 jours, chose qu’il souligne lui-même. Pourtant cet homme ne souligne pas le fait qu’il soit mentionné mil an alors qu’on peut très bien interprété ceci comme étant une échelle entre les jours de « Dieu » et les nôtres. Ce qui revient à dire que la création de l’univers a duré 6000ans humains, chose complètement en désaccord avec les théories actuelles.

 

Page 247 et 269, alors qu’il cite un extrait de sourate pour conforter ses dires, il ne révèle pas les incohérences contenues dans celle-ci.. En effet, il laisse passer un « …Quant aux montagnes, il les a rendues immobiles… » alors qu’une personne possédant un minimum de réflexion y voit une erreur. Ce bout de verset est issu de la sourate 79, versets 27-337. , et il est plutôt intéressant pour envisager une hypothèse qui tend à démontrer que la conception de l’univers contenue dans le Coran est issue d’anciennes croyances, en plus d’être erronée.

Citons des versets que Bucaille utilise et prenons ensuite l'exemple de la civilisation mésopotamienne, qui n'est pas une unité et connaitra plusieurs mélanges de population au fil du temps, plus précisément les Sumériens, d'origine inconnue, et les Akkadiens, peuple sémite au même titre que les arabes.

 

  • [31:10] « Il a créé les cieux sans piliers que vous puissiez voir; et Il a enfoncé des montagnes fermes dans la terre pour l'empêcher de basculer avec vous... »
  • [13:2] « Allah est Celui qui a élevé [bien haut] les cieux sans piliers visibles. Il S’est établi sur le Trône et a soumis le soleil et la lune, chacun poursuivant sa course vers un terme fixé. Il règle l’Ordre [de tout] et expose en détail les signes afin que vous ayez la certitude de la rencontre de votre Seigneur. »
  • [22:65] « N’as-tu pas vu qu’Allah vous a soumis tout ce qui est sur la terre ainsi que le vaisseau qui vogue sur la mer par Son ordre? Il retient le ciel de tomber sur la terre, sauf quand Il le permettra. Car Allah est Plein de bonté et de miséricorde envers les hommes. » (à savoir la fin du monde où les montagnes seront réduites en poussière)
  • [36 :38] « Le soleil vogue vers un lieu fixe qui lui est propre. C’est la détermination du Puissant, et de l’Omniscient. »

Il est à noter que j’ai délibérément cité les versets en entier à la différence de Bucaille qui n’hésite pas à occulter certaines parties qui vont à l’encontre des théories qu’il avance (parties soulignées).

A ceci il faut ajouter que Bucaille considère qu’il ne peut s’agir d’une ancienne croyance puisqu’il est précisé «Il a créé les cieux sans piliers que vous puissiez voir » alors qu’il omet une partie du verset et oublie qu’un pilier que l’on ne peut pas voir peut toujours exister (voir plus loin).

 

Les habitants de Mésopotamie, il y a près de 4000 ans, pensaient que la terre était un îlot assez vaste – déjà dans l’épopée de Gilgamesh ils parcourent plusieurs milliers de kilomètres – entouré de deux mers et placé au-dessus d’une nappe d’eau douce (l’Apsû). Au-delà des mers se trouvent deux zones, l’une à l’occident (le Fleuve Infernal) et l’autre à l’orient (l’Eau Mortelle), qui permettent au soleil de faire son cycle. En effet, selon eux, le soleil passerait par ces zones pour le lever (orient) et le coucher (occident) et ferait un parcours nocturne inconnu pour se retrouver chaque matin à l’orient. Après ces deux zones se trouvent des montagnes qui soutiennent la voute céleste, parsemée d’étoiles immobiles et constituée de l’En-haut et de l’En-bas comme vous pouvez le constater sur l’image mise en note8. . Une conception que l’on retrouve aussi parmi plusieurs peuples Indo-européen comme certains Celtes ou les Guèbres (Zoroastriens d’Iran)9..

Le Coran aussi semble aller dans le sens de la voute céleste puisque la sourate 79 versets 27-29: « êtes-vous plus durs à créer? ou le ciel, qu'Il a pourtant construit? Il a élevé bien haut sa voûte, puis l'a parfaitement ordonné; Il a assombri sa nuit et fait luire son jour. ».

 

Quelques pages plus loin, p 250-253, il s’interroge sur l’expression « Seigneur des mondes » qui qualifie Dieu et sur les mentions de 7 ciels/voies et 7 terres dans le Coran. D’après lui, cela pousse à croire qu’il y aurait d’autres terres, « un grand miracle de Mahomet qui sera certainement révélé plus tard », que la nôtre puisque le chiffre 7 désignerait une pluralité sauf que celui-ci n’explique à aucun moment et cite encore moins une source pour prouver ses dires. Il nous cite des versets à tour de bras dont voici une sélection :

  • [2:29] « C'est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre, puis Il a orienté Sa volonté vers le ciel et en fit sept cieux. Et Il est Omniscient. »
  • [67:3] « qui a créé sept Cieux superposés, sans qu'on puisse déceler dans l'œuvre du Tout-Clément aucune faille. Lève donc les yeux vers les Cieux ! Y aperçois-tu la moindre lacune? »
  • [71:15-16] « N'avez-vous pas vu comment Allah a créé sept cieux superposés et y a fait de la lune une lumière et du soleil une lampe? »
  • [65:12] « Allah qui a créé sept cieux et autant de terres. Entre eux [Son] commandement descend, afin que vous sachiez qu'Allah est en vérité Omnipotent et qu'Allah a embrassé toute chose de [Son] savoir. »
  • [50:38] « En effet, Nous avons créé les cieux et la terre et ce qui existe entre eux en six jours, sans éprouver la moindre lassitude. »

Cette sélection n'est pas innocente puisque nous pouvons encore une fois y trouver une explication toute autre parmi les peuples mésopotamiens - et d'autres – dont les astronomes , dans le cadre de la cosmographie montrée juste avant, avaient remarqué qu'il existait 7 corps mouvants (Lune, Soleil, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) placés dans des « ciels ». Il existe d'autres traces de cette croyance dans le Zoroastrisme – ainsi que le Judaïsme – comme l'atteste un texte autour de la rencontre entre Zarathushtra et Vishtâspa. Zarathushtra y annonce sa volonté de fonder un nouveau monothéisme et y invoque le Dieu qui a créé les sept cieux et la terre, élément que l'on retrouve dans le dernier verset cité10..

Bucaille profite aussi des versets 15 et 16 de la sourate 71 pour faire remarquer que le Coran dit que la lune reflète la lumière du soleil. Malheureusement pour lui Démocrite d’Abdère et Anaxagore sont déjà passés par là ainsi que bien d’autres peuples11.. Ils y voyaient même des montagnes et des vallées, ils sont décidément forts.

 


5 + http://www.aslim-taslam.net/article.php3?id_article=1038

http://fr.fgulen.com/content/view/97/14/

http://www.aslamna.info/usulalhadith.html

http://www.islamqa.com/fr/ref/13637

6 + http://www.harunyahya.fr/livres/foi/miracles/Miracles_Coran_05.php

7 + http://islamfrance.free.fr/doc/coran/sourate/79.html

8 + J. Bottéro, L’Épopée de Gilgamesh. Le grand homme qui ne voulait pas mourir, France, Ed. Gallimard, Coll. Aube des Peuples, 2008, p13.

http://idata.over-blog.com/4/22/46/78/Cosmographie.jpg

9 + Jean Varenne, Zarathushtra, Londrai, Editions du Seuil, Coll. Points Sagesse, 2006, p 24.

10 + Jean Varenne, Zarathushtra, Londrai, Editions du Seuil, Coll. Points Sagesse, 2006, p 118. http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2010/42/mesopotamie-la-naissance-des-presages-celestes-06-07-2010-519_160.php

http://omphalos-metanoia.blogspot.com/2007/01/la-msopotamie-lastrologie-et-ses.html

http://www.rayonnementducnrs.com/astronomie.htm

11 + Eric Pirart, Les Adorables de Zoroastre: textes avestiques traduits et présentés par Eric Pirart,(Paris, Max Milo, 2010): Yacht 7 - Sacrifice offert au Dieu Lune, mouvement unique: "... Hommage soit rendu à ce qu'il reflète! Homme soit rendu à son reflet!..." tout en prenant en compte que le Yacht 6 se nomme "Sacrifice offert au Soleil Splendide"

Démocrite et Anaxagore, p112 et 113 (cliquez sur "Démocrite").

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  • Islam, Impression Soleil Levant
  • : Ce blog aborde essentiellement des thèmes tournant autour des Religions et en particulier sur l'islam au travers de son histoire, des répercutions dans notre monde, des agissements de certains Musulmans et de ses doctrines.
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